La périostite est une inflammation du périoste, une membrane conjonctive, fibreuse qui entoure les os et constitue leur enveloppe. Cette membrane est vascularisée et innervée ce pour quoi une douleur intense est ressentie lors de l’inflammation de celle-ci. Elle sert également d’insertion sur l’os pour les tendons et ligaments. On se réfère généralement à la périostite tibiale qui est la plus commune.

La douleur est perçue sur la face interne du tibia, comme une sensation de brulure et douloureuse à la palpation. Cette sensation douloureuse est généralement présente au début de l’effort et diminue au cours de l’entrainement et au repos.

Lorsqu’une périostite devient chronique, elle peut cette fois-ci s’avérer douloureuse également au repos. La périostite peut être bilatérale ou homolatérale.

Se questionner sur les nouveautés dans l’entrainement, sur l’évolution de son poids ou sur de nouveaux sports pratiqués s’avère un point clef du diagnostic. La radiographie est généralement normale, mais elle est tout de même conseillée lorsque tout type de traitement conservatif ne fonctionne pas ou lorsqu’il y a un doute de fracture (fracture de stress souvent liée).

Mais ce qui nous intéresse ici est la périostite chronique chez les sportifs, ce type de condition est généralement due à de trop grandes contraintes mécaniques causées par les tendons, ligaments qui viennent créer de fortes tensions sur le périoste lors des entrainements de l’athlète.

Ces tensions sont au-delà du seuil supportable du périoste ce qui crée des microtraumatismes répétés, une impossibilité de se régénérer qui précède donc une dégénération et une inflammation chronique de celui-ci.

Les incidences augmentent généralement en début de saison, lors de la reprise de l’entrainement, ou chez les athlètes qui ont pris du poids rapidement.

Périostite tibiale ou maladie du coureur

Les facteurs de risques

L’augmentation du stress mécanique, durée, distance, côte, type de sol (sable, synthétique, etc.) peut également être considéré comme un facteur de risque.

Une mauvaise technique de course ou encore une mobilité de cheville réduite peuvent se révéler être de potentielles causes de périostite tout comme une mauvaise hydratation et nutrition également.

Facteurs de risque spécifiques au sport:  La périostite chez l’athlète peut également être due à des traumatismes directs des protège-tibias sur le tibia ou des chaussures de ski mal adaptées, des coups de pied dans un sac de frappes, etc.

La littérature montre une augmentation du risque de périostite chez les personnes ayant des pieds plats (hyperpronation de l’articulation subtalaire (calcanéum et talus) et une arche interne « effondrée »).

Une raideur des mollets : notamment des muscles gastrocnémiens et soléaires montrent une augmentation de l’incidence des périostites.

Une corrélation a également été faite entre faiblesses des muscles stabilisateurs du tronc (transverse, rectus abdominis, obliges, carré des lombes) et l’augmentation des blessures du bas du corps.

Une fois le diagnostic posé comment peut-on agir sur la périostite ?

Il ne faut pas négliger la périostite, car elle peut s’aggraver en une fracture de fatigue et éloigner l’athlète de la compétition pendant une longue période.

Comment prévenir et traiter la périostite tibiale :

  • Contrôle de la douleur : utilisation du froid comme analgésique sur la zone douloureuse. Ne pas en abuser, car réduire l’inflammation qui est une réaction naturelle du corps n’est pas forcément la meilleure chose au vu des études récentes.
  • Perte de poids en cas de surpoids.
  • Qualité de la chaussure, de la semelle et de tenue du pied dans la chaussure.
  • Éviter les traumatismes directs sur le tibia lorsque l’on peut le faire par exemple en s’équipant de chaussures de ski adaptées à sa taille qui maintiennent bien le pied et le tibia, idem pour le protège-tibia du footballeur.
  • Conserver une hydratation correcte d’1.5L minimum par jour.
  • Le repos a été suggéré dans beaucoup d’étude comme un point clef de la guérison, mais une période d’inactivité prolongée pour un athlète n’est pas toujours possible.

Il faut donc reprendre les activités progressivement pour permettre aux muscles de la jambe et au périoste de se renforcer et supporter une charge de travail de plus en plus importante. Un exemple de progression pour un athlète pourrait être :

  • marche sur sol plat synthétique avec une meilleure absorption des chocs,
  • marche sur sol dur (béton),
  • courir sur synthétique,
  • courir sur sol dur plat (béton),
  • puis sur sol dur instable (terre, herbe, cailloux)
  • et pour finir courir dans du sable.

Il faut réduire les impacts et contraintes tout en restant actif et en augmentant ces derniers progressivement lors de sa préparation ou de son entrainement.


Article rédigé par : Antoine Frechaud (gauche) et Nathan Touati (droite) sont à la tête de NeuroXtrain, site web spécialisé dans la rédaction d’articles et de contenu divers sur les sciences du sport, les performances, les nouvelles technologies et la rééducation des athlètes.

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