La blessure est l’une des pires choses qui peut arriver à un sportif. Cela est synonyme d’une période plus ou moins longue pendant laquelle, il sera impossible de pratiquer son activité. Il faudra également réaliser une rééducation, qui, si mal effectuée, peut entrainer un risque de récidives de blessure accru. Dans tous les cas, les blessures sont à éviter, que ce soit une récidive ou une première blessure. Pour cela, la prévention joue un rôle extrêmement important dans le quotidien des sportifs, quel que soit leur niveau.  Nous allons voir dans cet article quelles sont les stratégies de prévention les plus efficaces et réalisables que les coureurs peuvent mettre en place. Nous verrons la plus commune des pathologies des coureurs : les lésions musculaires au mollet.

Les lésions musculaires au mollet apparaissent le plus souvent au niveau de la partie médiale du gastrocnémien. Le mécanisme de blessure classique est celui d’un athlète qui étend soudainement le genou avec le pied en flexion dorsale, entraînant une douleur immédiate, une incapacité à continuer à courir et un gonflement. La douleur et l’incapacité peuvent durer des mois, selon la gravité et l’efficacité du traitement initial.

Le gastrocnémien est considéré à haut risque de tensions, car il traverse deux articulations (le genou et la cheville) et a une densité élevée de fibres musculaires à contraction rapide de type II. La combinaison de l’architecture biarticulaire conduisant à un étirement excessif et à une contraction énergique rapide des fibres musculaires de type II entraîne une grande tension. Ce mécanisme de blessure évoque l’image d’un coup de fouet. Par conséquent, les blessures du gastrocnémien ont été historiquement appelées « coup de fouet ».

Facteurs de risques modifiables : 

  • Force musculaire : Comprendre le mécanisme de blessure nous permet de savoir de quelle manière travailler le muscle. Nous voyons que les lésions au mollet sont dues à un étirement excessif (appelée force excentrique) et à une contraction rapide des fibres (appelé force concentrique). Pour cela, nous pouvons renforcer le muscle afin d’étirer ses fibres et d’avoir une plus grande résistance aux forces excentriques.

Exécution : 3 séries de 6 répétitions par jambe

Étape 1 : Léger contact avec le mur pour garder l’équilibre pour ne pas perdre en qualité lors du mouvement. Montée sur pointe explosive. 

Étape 2 : Retenir lentement la descente jusqu’à l’étirement. 

Attention, l’exercice excentrique entraine des perturbations musculaires importantes donc de potentielles courbatures le lendemain.  

 

  • Schémas neuromusculaires : Les schémas neuromusculaires sont en quelques sortes le comportement du muscle (activation neurale + réponse motrice). Il est intéressant de les travailler de manière fonctionnelle et spécifique au sport. En reprenant les connaissances du mécanisme de blessure et afin d’être complémentaire avec le travail de renforcement, voici un exercice combinant force excentrique, puis concentrique puissante.

Exécution : 3 séries de 6 répétitions par jambe

Étape 1 : Position athlétique sur la planche de step (genou légèrement fléchi, cheville stable, coude légèrement fléchi)

Étape 2 : Saut puis réception sur une jambe en évitant un genou qui va vers l’intérieur (valgus dynamique) 

Étape 3 : Saut immédiat sur une jambe et réception sur la même jambe (idem Étape 2 pour la phase de réception).

 


Article rédigé par : Antoine Frechaud (gauche) et Nathan Touati (droite) sont à la tête de NeuroXtrain, site web spécialisé dans la rédaction d’articles et de contenu divers sur les sciences du sport, les performances, les nouvelles technologies et la rééducation des athlètes.

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