Aujourd’hui, nous allons parler du syndrome de la bandelette ilio-tibiale (BIT) ou plus communément appelé syndrome de l’essuie-glace et également de la périostite tibiale chez le coureur. Ce syndrome est la deuxième blessure la plus commune chez les coureurs. Une augmentation progressive de sa présence a été notée au cours de la dernière décennie avec une incidence aux alentours de 5% à 14%. Cela peut être lié au nombre croissant de coureurs dans le monde. Ce syndrome est également courant chez les cyclistes et randonneurs.

Commençons par un peu d’anatomie : cette bande ilio-tibiale est un tendon, longitudinal, fibreux en forme de bandelette. La BIT prend son origine au niveau de la tubérosité iliaque antérolatérale de la crête iliaque et s’insère au niveau du condyle latéral du tibia sur le tubercule de Gerdy.

La BIT sert de renfort et d’attache aux muscles tenseurs fascia lata (TFL), grand fessier et moyen fessier.

De par son origine et ses diverses insertions vues précédemment, la BIT va avoir une action associée sur les mouvements d’abduction, d’extension et de rotation externe de la hanche. La BIT va également servir de stabilisation latérale du genou.

Le syndrome de l’essuie-glace est en fait une tendinopathie de la BIT au niveau distal. C’est-à-dire au niveau de la face latérale du genou. C’est un syndrome non traumatique de surutilisation (« overuse »).

 

Le mécanisme d’apparition de ce syndrome reste flou et il existe plusieurs théories

Une des causes les plus communes dans le savoir commun est que le SBIT (syndrome de la bande ilio-tibial) est causé par un frottement excessif de la BIT sur une bourse entre celle-ci et le genou venant causée une inflammation du tendon et possiblement de la bourse, lorsqu’elle se déplace sur l’épicondyle fémoral latéral lors d’une flexion et d’une extension répétitives du genou.

Or, lors d’études cadavériques il a été montré que cette bourse était inexistante.

La seconde théorie serait que pendant l’extension du genou, la BIT se déplace en avant du condyle latéral du fémur, tandis qu’à la flexion du genou d’environ 30 degrés, la BIT se déplace en arrière du condyle latéral. Ce frottement engendrerait des frictions et des douleurs, cependant, il a été suggéré que ce n’est qu’une illusion en raison de la tension changeante dans les fibres antérieures et postérieures pendant le mouvement.

Une théorie plus récente de la cause est le contact accru de la BIT contre l’épicondyle fémoral latéral à environ 20-30 ° de flexion du genou, car à cet angle le contact entre l’ITB et l’épicondyle est le plus fort.

Cette force continue pourrait engendrer un gonflement au niveau du coussinet adipeux entre la BIT et le genou causant encore plus de contraintes sur le tendon.

Par la suite, le processus inflammatoire et de dégénérescence du tendon se met en place. C’est à l’angle de 30 degrés de flexion que le stress sur la BIT au niveau distal est le plus fort ce qui correspond lors du séquençage de la course au moment du foot strike (contact du pied sur le sol) et du début de la stance phase (levé du pied).

C’est lors de ces temps que le TFL et le grand fessier produisent une forte contraction pour ralentir et stabiliser la jambe lors de l’impact, additionnant de nouvelles tensions sur la bande ilio-tibiale.

Généralement, le syndrome de la bandelette ilio-tibial va être causé par un apport de contraintes inhabituelles à celle-ci. Courir en dénivelé, avec une charge sur le dos, allonger la distance de course sans préparation au préalable.

Mais des facteurs de risques peuvent s’y associer. Des facteurs anatomiques tels que les différences de longueur de jambes, la proéminence accrue des épicondyles latéraux et les morphologies en genu varum ont également été notés comme des facteurs non modifiables possibles associés aux SIBT.

Des facteurs modifiables comme une flexibilité réduite et une faiblesse musculaire peuvent également être associés à l’ITBS.

Les possibles facteurs de risques modifiables responsables

Le premier facteur de risque à prendre en compte est une faiblesse des muscles abducteurs de la hanche comme le moyen fessier et le TFL. Ils vont causer une rotation interne de la hanche et probablement une adduction du genou.

Si une faiblesse musculaire est constatée, tester le patient lors de mouvement fonctionnel et observer si un genu varum dynamique se crée, car nous savons que c’est un des facteurs de risque important. Également, due à cette faiblesse, la hanche controlatérale va s’effondrer (« drop ») et causer des répercussions sur le bas du dos, le genou ou la cheville.

Le second facteur à prendre en compte serait une faiblesse du quadriceps, qui engendrerait une perte d’amortie due à cette altération et un manque de force excentrique lors du « foot strike » alors que l’on sait que ce moment est celui où la BIT aura le plus de tension.

D’autres facteurs de risques sont à prendre en compte : une flexion de hanche réduite qui a pour complication d’inhiber les extenseurs de hanche due à l’incapacité de se contracter dans une amplitude complète, ce manque d’activité influe sur la stabilité du bassin et donc répercute sur le genou.

Une flexion dorsale de cheville réduite pourrait être également un facteur de risque, car cela cause une internalisation du tibia et antériorise le condyle latéral du fémur ce qui peut augmenter sa proéminence par rapport à la BIT.

Des stratégies pour traiter le syndrome

La théorie selon laquelle la bande ilio-tibiale doit être étirée a été remise en question, car, dans les études cadavériques sous une charge extrême, la flexibilité de la bande ilio-tibiale s’est révélée minime avec une plus grande rigidité que les fibres capsulaires donc cela n’aurait pas d’effets bénéfiques.

Une remise en charge progressive : reprendre au plus vite par de la marche si les symptômes le permettent, et progressivement complexifier progressivement les paramètres tels que l’intensité, la charge, le temps, la vitesse, etc.

Renforcement des abducteurs : Moyen fessier et TFL.

Gainage latéral avec la jambe controlatérale en extension complète.

Il peut être effectué en statique comme sur la figure 2 ou en dynamique en passant de la figure 1 à la figure 2.

Renforcement et stabilisation du bassin et genou : Quart de Squat unipodal.

Descendre et remonter en gardant un bassin stable.

Renforcement bas du dos et grand fessier: Pont sur une jambe.

Renforcement du quadriceps: chaise contre le mur sur une ou deux jambes.

Renforcement en isométrique (sans mouvement), la douleur est répliquée a 30° de flexion il faut donc éviter cette amplitude au début de la réhabilitation.


Article rédigé par : Antoine Frechaud (gauche) et Nathan Touati (droite) sont à la tête de NeuroXtrain, site web spécialisé dans la rédaction d’articles et de contenu divers sur les sciences du sport, les performances, les nouvelles technologies et la rééducation des athlètes.

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